Actualités du gîte des Cévennes

Les Cévennes, le poumon du Gard et de la Lozère

Les Cévennes, le poumon du Gard et de la Lozère

Les Cévennes (« Cevenas », « Cevena » en occitan) forment une chaîne montagneuse faisant partie du Massif central, à cheval sur les départements de la Lozère et du Gard, prolongeant au sud les monts du Vivarais situés en Ardèche et en Haute-Loire, et au nord les monts de Lacaune et de l’Espinouse situés en partie dans le département de l’Hérault.

La dénomination inclut généralement une partie de la plaine méridionale aux contreforts sud-est et notamment le bassin alésien.

De l’Espérou au Lozère, par l’Aigoual et le Bougès, sont nos Cévennes. Sur les sommets, à l’Espérou, dans la Vallée du Bonheur, à la Can de l’Hospitalet, au Plan de Fontmort, au Mas de la Barque, sont des croupes rondes, herbeuses, séparant des vallées larges, à fond plat, tourbeuses et humides quand le sol est granitique ou schisteux, sèches quand il est calcaire, toujours propices à l’élevage.

Mais tout de suite, l’attrait invisible de la Méditerranée toute proche agit sur le moindre filet d’eau. Très vite se creusent les Gardons, vallées torrentielles, tout à coup profondes et escarpées, anguleuses et rocheuses, dont le lit, où les truites se glissent, s’accidente de cascades et de marmites de géants. Rectilignes, les gardons envoient à tout instant des ravins perpendiculaires découper la montagne, ne laissant subsister de cette ancienne surface plane que nous révélaient les haut sommets, que des crêtes aiguës, s’abaissant vers la plaine, les Serres Cévenols.

Toutes pareilles, ces vallées, par leur sol de schistes anciens siliceux, cristallins, rouges, violets, bleus, mais toujours sombres, elles sont trois surtout : Vallées Françaises, Vallée Longue, Vallée Borgne, qui courent parallèlement vers la garrigue. Des cols : Col Salidès, du Marquairès, Col de Jalcreste et bien d’autres, qu’empruntent de vieilles routes ; replats étagés, des « plots », témoignent d’anciens lits toujours recreusés.

Aujourd’hui, la force destructive de ces torrents est énorme ; leurs crues, les gardonnades, sont justement l’effroi des riverains. Ils se gonflent soudain : en deux ou trois jours de pluies, d’intensité inconnue à presque toute la France, les maisons détruites, les routes emportées. Ces pentes raides et ces chutes d’eau formidables, amenées par le vent du sud, le marin, s’élevant contre la montagne, surexcitent aussi ces torrents. Ils déplacent rapidement leurs souces, captant, un jour ici, un jour là, les eaux qui autrefois s’en allaient vers l’Océan, comme on le voit, mieux qu’ailleurs, à l’Espérou, à la Serreyrède, au Col des Faisses.

Dans ces vallées étroites, grand est le contraste entre l’aspect des flancs ensoleillés, les « adrets », les « soleyrols », et celui des flancs à l’ombre, les « avès », les « ubacs ».

Sur les pentes des ubacs se voient ici et là, du sommet jusqu’à la rivière, des amas de terre et des fragments anguleux de schistes ; ils se sont formés, il y a bien des millénaires, alors qu’un froid intense régnait sur la Méditerranée, et qu’au dégel, terres et pierres coulaient par solifluxion le long des pentes. Par le fond et par les adrets, la végétation méditerranéenne envoie de longues digitations vers la ligne de faîte. Au-dessus des près et des vergers qu’arrosent, venus de bien loin, les petits canaux, les « béals » ; au dessus des jardins, les « horts », sont de petites terrasses soutenues par des murs, les « bancels », les « faisses », où poussent l’olivier, la vigne, le mûrier, le figuier.

Sur les flancs rocheux où vont les moutons et que préfère la chèvre, sont les bois d’yeuses et de blaches, avec de hautes bruyères, des genêts, des arbousiers et des genévriers, enlacés de lianes : véritablement le maquis.

Mais le maître des Cévennes, l’arbre nourricier, c’est le châtaigner, qui va à la rivière où il prospère, jusqu’aux sommets où il s’étiole. Il couvrait autrefois la montagne, jusqu’à 800 mètres, d’un manteau qu’interrompaient seules les déchirures des drailles par où passaient les transhumants, et les « clèdes », ces petites maisonnettes où l’on prépare les châtaignes sèches. Il régnait sur la montagne ; avec ses fruits, le porc, un peu de blé, du vin de clinton, les produits de jardin, il ne manquait, dit-on, au cévenols, qu’un peu de sel. Mais les temps sont changés et la lande gagne de plus en plus sur la châtaigneraie : l’usine d’extraits tannants agit sur elle aussi irrésistiblement que l’action du niveau de base sur les ravins cévenols. Plus haut que 800 mètres, la châtaigneraie s’arrête ; ici dominait la hêtraie aux arbres serrés, avec quelques sorbiers, et de belles clairières où poussent les gentianes et l’arnica. Dans un coin perdu du Lozère sont encore quelques vieux sapins qui rappellent d’anciennes futaies disparues, comme les amas caillouteux de la vallée de Palhères témoignent, peut-être, de glaciers cévenols aux temps froids du quaternaire.

C’est pour la reconstitution de ces forêts, à l’Aigoual comme au Lozère, que les forestiers, avec Georges Fabre, apôtre, ont eu tant de peine et pris tant de soins. C’est le résultat de leurs efforts patients, autant que la beauté du paysage naturel, qui fait l’intérêt de l’excursion à l’Aigoual, excursion-type en pays cévenol.

Un sol de schiste qui, à la surface, se transforme en une terre poussiéreuse et perméable, que les pluies de l’automne gonflent d’eau, permet des sources nombreuses. La sècheresse intense de l’été les réduit beaucoup, mais les tarit rarement. C’est pourquoi, hormis quelques gros villages de la vallée : Saint-André-de-Valborgne, Sainte Croix Vallée Française, le Collet de Dèze, la carte des Cévennes est noire de lieux-dits, de mas, de fermes isolées ou groupées en petits hameaux.  Sur quelques replats, auprès de la fontaine moussue et fleurie, est une maison haute aux murs de grosses pierres mal jointes, de schiste sombre ou de quartz blanc, aux linteaux de roche micacée, couverte d’épaisses dalles de schistes, les »lauzes ». Tout à côté, près du jardin, sont trois ou quatre tombes : le cimetière familial. Entrons, nous verrons au coin du feu, où depuis longtemps cuisent les châtaignes sèches, quelques vieilles femme cassée, tout de noir habillée, puis un petit garçon, une petite fille en sabot, et dont les joues sont aussi rouges que le cerisier du près d’en bas, en novembre. Ils sont polis et timides : ils seront plus tard receveur des domaines et directrice d’école. Car beaucoup de ces lieux-dits, les plus hauts surtout, ne sont que des ruines. Ils essaiment partout, ces cévenols, ces « raïols », travailleurs sérieux et têtus, et qui réussissent.

Ils ne reviennent au pays qu’à la canicule, lorsque la plaine est en feu, et que les petits enfants dépérissent : alors les hauts villages cévenols, devenus des stations estivales, regorgent de monde, entre autre l’Espérou, le Pompidou, Vialas …

Avant de quitter cette demeure paisible, regardez aux murs ces vieilles gravures, profils de huguenots à bonnets carrés et à longues barbes : c’est Calvin et c’est Luther, entre quelques Fêtes de Réformations. C’est ici un vieux pays de luttes religieuses, et de révoltes, de souffrances ; c’est un pays de pasteurs et de prophètes ; c’est le pays du « psaume sous les étoiles », le pays de «  Roux le bandit », qui hier encore, dans la tourmente, opposait sa foi à la loi.

C’est un pays d’esprits libres, où le livre pénètre et se répand, mais où, tout de même, se cachent encore de bien vieilles légendes, où le soir, à la veillée, alors que le « marin » jette des paquets d’eau contre les petites vitres des étroites fenêtres, les châtaigneurs se répètent le dit de « jean de l’Hort », ou bien comment une fermière, peu vêtue, trace un cercle magique pour « enclosir » ses poules et les protéger contre le renard.

Ne dédaignez pas nos Cévennes, modestes et glorieuses ; montez à pied jusqu’à l’Aigoual, en suivant d’Anduze à Meyrueis, ou de Barre au Vigan, les antiques drailles des troupeaux : vous les trouverez jalonnées de dolmens, de menhirs renversés, de rochers troués de cupules, traces des transhumances préhistoriques, des troupeaux conduits par les hommes des premiers âges du fer, qui se sont arrêtés, en laissant leurs silex et leurs poteries, au Col de l’Homme Mort, dans le Lingas.

Montez au Lozère, trop peu connu ; suivez la Corniche des Cévennes, qui de Saint-Jean-Du-Gard s’en va au Pompidou ; rejoignez Barre par la Can de l’Hospitalet. Entre les Gorges du Tarn et les Garrigues, consacrez quelques jours à nos Cévennes ; connaissez les vastes horizons de nos sommets et le charme nostalgique de nos vallées. Ce sera vite le pays où vous voudriez être, et cette petite maison d’un autre âge, que cachent des noyers et des frênes, celle où vous voudriez avoir vécu.

Paul MARCELIN
Ex Conservateur Honoraire du
Muséum d’Histoire Naturelle de Nîmes

,


Découvrez aussi...

Bienvenue sur le site du Gîte des Cévennes proche d’Alès

Bienvenue sur le site du Gîte des Cévennes proche d’Alès

Situé dans une vallée cévenole classée Réserve de Biosphère des Cévennes, à 7 km d’Alès, à proximité d’une rivière (le Galeizon) …

Lire la suite

Histoire de la grotte de Soustelle

Histoire de la grotte de Soustelle

La grotte de Soustelle (aussi appelé grotte Silvain ou Grotte de Cap-de-Rieusset) se développe dans la bordure calcaire sud cévenole, à quelques …

Lire la suite

Nous contacter

SARL CAMINAREM
Jean-Louis GALERA

Moulin de La Baume
30480 CENDRAS

Téléphones
04 66 78 83 03

06 29 77 68 78

Contact gîte des Cévennes








Le gîte sera fermé à partir du 30 septembre 2017.




Comment venir ?

Cendras commune du Gard,
Languedoc-Roussillon en France

Voir le planVoir le plan

http://www.cacao-analytics.fr/google-analytics-datalayer-moteur-de-recherche/